Quand Monopourri t'apprend l'absurde
Dimanche chez Monopourri : je voulais du shampooing, je suis repartie caissière, vigile et démonteuse d’antivols bénévole.
Dimanche après-midi. Tu penses trouver du shampooing, tu repars avec 200 balles de lingerie, des vigiles suspicieux et la conviction que tu as bossé gratuitement pour une multinationale. Bienvenue dans le Monopourri dominical, théâtre de l'absurde où le client est roi… mais aussi caissier, vigile et démonteur d'antivols.
L'entrée en scène
Le magasin est "ouvert". En réalité, certains rayons sont carrément interdits, barrés par de grands panneaux dignes d'un chantier routier. Devine lequel est condamné ? Evidemment : le rayon hygiène. Le shampooing qui t'a fait entrer est déjà perdu.
Alors, par esprit de revanche, tu passes en mode compensation. Culottes, soutiens-gorge, chaussettes : l'arsenal textile pour te dire que non, ce trajet n'aura pas été inutile. Tu sors du rayon les bras chargés, direction la caisse habituelle. Et là : vigile numéro un.
_ "Vous avez réglé ?"
_ "Bah non, je vais à la caisse..."
_ "Fermée."
La valse des vigiles
Demi-tour, vingt mètres plus loin, toujours rien. Vigile numéro deux prend le relais : "c'est à gauche, les caisses automatiques."
L'angoisse monte. Tu détestes l'idée : travailler à la place d'un employé, gratuitement, sans même une ristourne. Mais te voilà coincée dans le flot humain, scannant culottes et chaussettes en silence, comme un pion.
Paiement validé. Sauf que : antivols partout.
Le climax : antivols et apprentissage forcé
Vigile numéro trois t'oriente vers une planche bricolée, équipée d'un dispositif pour ôter les antivols. Surprise : ce n'est pas lui qui s'en charge. C'est toi. Ou plutôt, toi guidée oralement par une femme en face de toi, cachée derrière la planche.
Deux trous. Une mauvaise manip. Une remarque sèche. Une deuxième erreur. Deuxième remarque.
Tu finis par lever les yeux : "ça va bien se passer. Ce n'est pas mon boulot, je ne suis pas payée pour ça. Donc je ne vois pas pourquoi je m'appliquerais."
Elle sourit vaguement ; toi, beaucoup moins.
La chute
Retour à la maison, deux cents kilomètres plus loin. Et là, la révélation. Cinq ou six articles sont encore bardés d'antivols. Merci Monopouuri ! Solution finale : grosse pince Leatherman, DIY version désespérée.
Expérience client : nulle, nulle, nulle !
Moralité : parfois, mieux vaut avoir les cheveux sales !
#Semaine_35 et sa playlist, comme un essaim d'antivols plantés dans ton cerveau
Lundi - Lost in the supermarket - The Clash
Première gifle de la semaine : rayon shampooing barré, client égaré !
Mardi - Everything counts - Depech Mode
Everything counts in large amounts : la devise officieuse des caisses automatiques
Mercredi - The robots - Kraftwerk
Toi, scannant ta lingerie sous surveillance.
Jeudi - Money - Pink Floyd
Grab that cash with both hands... Surtout quand le client fait le boulot à ta place.
Vendredi - I can get no satisfaction - The Rolling Stones
Les culottes s'entassent, mais le plaisir d'acheter est resté bloqué au rayon hygiène.
Samedi - MacGyver Theme - Randy Edelman
Leatherman en main, tu deviens ton propre service après-vente
Dimanche - En rade - Les Cadavres
Clôture dominical en charogne sonore : pas de soleil, pas de répit. Juste l'odeur rance d'un système en décomposition.
Sept morceaux, des dizaines de culottes et le moral un peu dans les chaussettes.
Clique, écoute et laisse les caisses automatiques biper sans toi.
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